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Mort de Ben Laden : les questions d’un Grenoblois



Chef de projet lcole de la paix, une organisation non-gouvernementale
grenobloise, Florent Blanc se pose quelques questions depuis lannonce
de lopration commando mene par les tats-Unis.

Il faut dire que ce Grenoblois vit avec Ben Laden depuis plus de dix
ans. Cest en effet dans le cadre de ses tudes lInstitut dtudes
politiques quil bnficie dune anne dchange, passe Vancouver.
Labsence de photo va donner libre cours tous les fantasmes

L, je me suis intress aux attentats dont les Amricains avaient t
victimes Dar es Salaam et Nairobi ; jai fait un premier article et
on ma encourag continuer , explique sobrement ce chercheur.

Dont le mmoire de fin dtudes, soutenu le 12 septembre 2001,
sintitulera Le cas Oussama Ben Laden : une approche des relations
entre les tats-Unis dAmrique et le terrorisme islamique !

Un mois plus tard, ce mmoire est dit par Bayard sous le titre
Ben Laden et lAmrique.

Et cest l que Florent Blanc dcide darrter ! Si je voulais tre pertinent,
il me fallait des sources et des renseignements tangibles, il fallait que je retourne
lcole , dveloppe-t-il le plus calmement du monde.

Il travaillera alors comme stagiaire lInstitut des relations internationales
et stratgiques (Iris) sur la redfinition de la politique trangre
amricaine aprs le discours de George W. Bush sur laxe du mal,
avant dintgrer Sciences Po Paris. Et de partir la North Western
University de Chicago prparer sa thse.

Ce qui mintressait, ctait de faire de la science politique en touchant
les acteurs, avec des enqutes de terrain , campe-t-il demble.

Ne pouvant interroger Oussama Ben Laden, il inversera donc la
problmatique en concentrant sa rflexion sur ces Amricains qui
contestent la lgislation antiterroriste de ladministration Bush. Et
deviendra diplm de Chicago et de Paris.

Cest donc fort de ses investigations que Florent Blanc sinterroge aujourdhui :
Cette disparition pose la question de la manire dont on a obtenu les
informations ncessaires la localisation de Ben Laden. En dautres termes,
des aveux de Khalid Cheikh Mohamed, le dtenu 63 de Guantnamo

Or Obama a fait campagne sur le fait que la torture ne permet pas
dobtenir des aveux crdibles, ainsi que sur la fermeture de Guantnamo .

Outre cela, le commando amricain a agi en territoire pakistanais souverain
Il faut savoir que ce type de projet avait t dcid par Bill Clinton !

Do ses interrogations. Cela pose deux questions : comment les tats-Unis
vont-ils pouvoir tenir un discours moral et thique vis--vis de lAsie
ou du Moyen-Orient ? Laprs-capture va tre difficile ngocier
Dautant que labsence de photo va donner libre cours tous les fantasmes
Enfin, la mort dOussama Ben Laden met-elle fin la menace terroriste ?

Du coup, en termes de liberts publiques fondamentales, on voit bien que
toutes les mesures dexception, prises dans la plupart des pays
occidentaux depuis dix ans, deviennent compltement permanentes

par Philippe GONNET le 04/05/2011

voir l’article sur le site d’origine.