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Très-Cloîtres, une expérience de vivre ensemble au XXIème siècle.



Par Juliette Samman, Etudiante en histoire

En 2013, l’Ecole de la Paix promeut l’Histoire de son quartier, et cherche avec le projet « Très-Cloîtres Numérique » à redonner vie à la mémoire collective d’un espace où des populations d’horizons différents ont appris à cohabiter.

Après l’enquête ethnologique d’Elodie Veyrier en 2011 poursuivie par un travail mené avec l’Ecole Supérieure d’Architecture de Grenoble en 2012, l’Ecole de la paix poursuit son exploration du quartier Très-Cloîtres par le projet « Très-Cloîtres numérique », qui consiste notamment à valoriser l’histoire de ce territoire et de ses habitants.

En tant qu’étudiante en licence d’Histoire, je participe à ce projet dans le cadre de mon stage à l’Ecole de la Paix.

Le quartier Très-Cloîtres, qui était à l’origine un faubourg en marge, existe depuis la création de Grenoble au début du IIIe siècle de notre ère. Les populations que la ville rejetait s’y installaient : migrants, artisans, pauvres et exclus. Malgré le dynamisme urbain, le quartier a conservé au fil des siècles ce caractère d’accueil des populations, principalement des migrants des campagnes d’abord, puis d’Italie et du Maghreb.

Souvent mal perçu, Très-Cloîtres est pourtant un lieu « où il fait bon vivre » comme le rappelaient les habitants interrogés par Andrée Appercelle à la fin du XXe siècle. Petit village au cœur de la ville, où tous se connaissent, se respectent et échangent, le quartier est un exemple de ce vivre-ensemble. Soudés par des difficultés sociales qu’ils partagent – problème de logement, pauvreté, marginalisation – les habitants se retrouvent dans les cafés où lors des courses cyclistes et autres évènements qui rythment la vie de ces petites rues sinueuses.

C’est cette mémoire que nous souhaitons faire revivre avec le projet Très-Cloitres Numérique, en créant une application pour téléphone qui permettrait, grâce à la réalité augmentée, de se plonger dans le quartier tel qu’il était au siècle dernier avec ses commerces, ses habitants, ses activités. D’autant plus que dans cette histoire locale se retrouvent des problématiques actuelles, car si Très-Cloîtres fut un exemple de vivre-ensemble dans la ville, il n’en est pas moins un quartier avec ses difficultés, difficultés de logement, d’exclusion, mais aussi difficultés dues à la cohabitation de personnes de cultures différentes, dont les opinions sont parfois opposées.

La rue Très-Cloîtres, 1 969 photo Aigles pour le Dauphiné Libéré

Pour donner un contenu dynamique et interactif à l’application, j’ai recherché des images et en particulier des photos de façon à redonner vie à ce qui n’est plus, retrouver l’ambiance de la rue, les visages des habitants, se faire une idée de la sociabilité de Très-Cloîtres au siècle dernier. En explorant les différents centres d’archives de la ville, j’ai déjà pu récolter quelques illustrations, mais nous souhaiterions en trouver davantage… Si vous possédez des images du quartier ou du reste de la ville, n’hésitez donc pas à nous contacter pour enrichir notre projet !