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Quand le design se met au service de l’empathie



Par Claire Duwig, Volontaire Civique

L’empathie ou l’expérience de l’autre : c’était le thème de la biennale du design à Saint Etienne à laquelle j’ai pu me rendre en demandant, comme le permet le cadre de la mission de service civique que j’effectue, de bénéficier d’une journée qui soit à la fois liée à mes études, la communication, et au travail effectué à l’Ecole de la paix …

Dès l’arrivée à la gare, je me retrouve immergée dans l’univers de la biennale : un arbre aux feuilles de mille couleurs, des arrêts de tram orange et bleus aux couleurs de la biennale … ces couleurs présentes tout au long du trajet en tram me guident jusqu’à la cité du design. Elles méritent donc que je m’y attarde car ces deux couleurs symboliques n’ont pas été choisies par hasard ! Le bleu évoque la sérénité et la paix. L’orange représente l’imaginaire, la créativité et le dynamisme. Heureuse alchimie entre empathie et création. Mais il ne suffit pas de mêler deux couleurs pour faire une exposition réussie. Qu’allais-je donc découvrir pour être convaincue. Je vous invite à me suivre…

Parmis différentes expositions, voici les 6 qui m’ont le plus marquée :


Je vous design
J’ai rendez-vous ici avec des designers et un objet de leur conception inspiré de l’empathie. Les objets sélectionnés sont très variés. Au fil du parcours on découvre, par exemple un ensemble d’objets à troquer, une facture simplifiée en infographie …
Mon coup de cœur de l’expo : des petites fioles aux allures de chocolat pour rendre la prise de médicaments plus facile chez les enfants.

C’est pas mon genre !
Dans un domaine souvent focalisé sur les hommes cette exposition redonne de la place aux femmes. L’expo revient sur les différentes relations entre le design et les femmes. La variété des formes présentes crée la richesse de cette expo (design à but critique, industriel, graphique etc…).
Mon coup de cœur de l’expo : le barbie foot ! Et oui les filles aussi peuvent jouer au foot …

Demain c’est aujourd’hui
Un panorama des objets ou services susceptibles de faire partie de notre futur : pour un futur lointain ou proche, des créations abouties ou tenant de l’irréel. Certains de ces objets sont innovants et prometteurs, d’autres sont plus là dans un but critique, ou de prévention. Avec cette deuxième catégorie, plus déroutante, l’empathie passe par la volonté de déjouer les dangers du monde. Beaucoup concernent la nourriture (comment rationner, qu’aurons-nous dans nos assiettes dans 50 ou 100 ans ? …).
Mon coup de cœur de l’expo : un court métrage sur les limites de la réalité augmentée (vous pouvez le visionner sur ce lien : film )


Masque qui produit de l’énergie grâce à la respiration

Les androids rêvent ils de cochons électriques ?
 ? Cette exposition au titre farfelu nous interroge tout simplement sur la place de l’animal dans la société actuelle. Les designers explorent le sentiment d’empathie pour les autres êtres vivants. Ils questionnent de multiples points sensibles comme la condition des animaux dans l’industrie, leur sécurité, ainsi que des thèmes plus précis comme le gavage.
Mon coup de cœur : des mini vêtements de sécurité pour les petits animaux (écureuil, castor …)

6ème sens
Ouvrir une boîte de conserve, manger avec une cuillère, fermer la porte … des usages faciles à première vue mais qui posent problème à certaines personnes. Un des objectifs de la biennale est de rendre le design accessible à tous. Ici les plus petits peuvent attraper la poignée, les plus âgés redeviennent autonomes pour ouvrir une bouteille, les aveugles réussissent à se repérer dans une exposition … des objets qui prennent en compte les singularités de chacun.
Mon coup de cœur : les systèmes d’ouvertures faciles pour différents contenants alimentaires.

Design dans les quartiers
Sur le trajet en tram, des haltes sont proposées pour découvrir d’autres expositions parsemées dans la ville. À l’hôtel de ville, par exemple, sont exposés différents projets. Ce sont de jeunes designers qui s’associent aux conseils de quartier pour améliorer le cadre de vie des habitants. On découvre comment mettre en valeur un quartier ou un lieu en y apportant un regard neuf. Ce qui est enthousiasmant dans tous ces projets c’est la participation des habitants qui sont réellement acteurs de transformation dans leur quartier.


Quel effet de retour pour l’Ecole de la paix ? Tout d’abord, elle pourrait refaire des projets de valorisation de territoire via des pratiques artistiques en lien avec les habitants, comme elle l’avait fait l’année dernière dans le quartier Très-Cloîtres à Grenoble (cf notre dernière lettre d’information). Elle pourrait aussi confier à des étudiants en design la possibilité de réfléchir sur des objets dérivés que l’Ecole de la paix proposerait et qui feraient réfléchir sur les objets du quotidien et ce qu’ils nous disent de nos modes de vie… Y a plus qu’à !