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LA DIGNITE ET LA CULTURE DE LA PAIX



Par Richard Pétris, Fondateur de l’École de la Paix

Dessin publié avec l’aimable autorisation de Plantu
Paru dans Le Monde du 28 février 2013. © 2013, Plantu.
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En pensant à Stéphane Hessel

Plus d’une fois, notre chemin a croisé celui de Stéphane Hessel et, ce qui nous a d’abord ravi dans la rencontre avec ce grand humaniste, c’était de sentir que nos engagements respectifs pouvaient se cumuler. A partir du moment où nous pouvions réaliser cette condition essentielle de la construction de la paix : que nos univers personnels et professionnels puissent se rejoindre afin d’agir ensemble au service d’une même cause, celle du vivre-ensemble. Car de notre capacité à nous allier dépend, en effet, celle d’humaniser la mondialisation.

Il est certainement bon de se rappeler, surtout, que, dans cette exigeante et vaste perspective que Stéphane Hessel allait éclairer par ses appels retentissants en faveur de la dignité humaine, au cours de ces dernières années, nous avons effectivement cheminé ensemble, en particulier :

- lorsque, voulant valoriser l’orientation fondamentalement pacificatrice de la construction européenne, dans laquelle notre ami mettait lui aussi et notamment du fait de son histoire personnelle, tant d’espoir, nous avons insisté, en tant qu’Ecole de la paix, sur le fait que la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne avait fini par placer en premier le droit à la dignité. Il s’agissait bien de faire de celui-ci, à la fois un tout et un véritable progrès pour l’humanité, comme l’est cette construction unique dans l’histoire humaine et qu’il faudra toujours consolider,

- lorsque, nous avons aidé à se rencontrer Stéphane Hessel et Francisco de Roux, l’ancien directeur du Programme développement et paix du Magdalena Medio en Colombie et actuel Provincial des Jésuites colombiens, dans l’un de nos exercices de « médiation et de solidarité internationale ». C’est bien sur cette valeur de la dignité qu’ils se sont accordés ; celle-là même
dont le second disait en novembre dernier, lors de la remise du prix de la Fondation Chirac pour la prévention des conflits, qu’elle résume les raisons de lutter.

Ce sont bien des sujets qu’il nous faudra approfondir sans relâche pour améliorer le mode d’emploi de telles valeurs, notamment en articulant au mieux droits et devoirs. C’est, en fait, à quoi Stéphane Hessel nous encourageait lorsqu’il disait, dans un entretien en 1999, à propos de la culture de la paix :

" Cette conscience grandissante que les problèmes peuvent et doivent être résolus par la compréhension mutuelle, par le dialogue, par l’écoute, par la dialectique et non pas par la violence, et que cela est possible, cette conscience se cultive et c’est la base d’une culture de la paix. Celle-ci se développe à partir du moment où il y a de plus en plus de parties prenantes dans ce qui est la civilisation mondiale aujourd’hui."